• Solidaris – Mutualité Socialiste
  • Mutualité Chrétienne
  • Le cancer de l'intestin
  • Pensez à vous faire vaccinner
  • La violence psychologique
  • Solidaris – Mutualité Socialiste
  • Mutualité Chrétienne

Alcool: nouvelles recommandations du CSS

Pas plus de 10 unités par semaine

biere CSS2018Le Conseil supérieur de la Santé (CSS) a émis de nouvelles recommandations en matière de consommation de boissons alcoolisées. Le groupe d’experts s’est appuyé sur les études récentes et a revu à la baisse le niveau de consommation d’alcool considéré comme à moindre risque.

Le CSS souligne que l’alcool est la 4ème cause de mortalité et de morbidité chez les personnes âgées de 15 ans et plus en Belgique.

L’alcool joue un rôle dans l’apparition ou l’évolution de maladies cardiovasculaires, de maladies vasculaires cérébrales, de différentes formes de cancer, de troubles de la mémoire, d’affections du pancréas et du foie.
Il présente un risque d’addiction et des risques pour la santé mentale. Il faut aussi savoir que l’hyperalcoolisation (binge drinking) peut avoir des effets durables sur le cerveau.
Enfin, l’alcool a un impact sur les accidents de la route, à la maison et au travail, et divers problèmes familiaux et sociaux.
Les hommes courent plus de risques aigus et de mort violente, les femmes sont, quant à elles, plus vulnérables face aux maladies (risque hépatique, AVC, cancer, etc.).

Le CSS recommande :

  • de limiter sa consommation d’alcool, car toute consommation d’alcool a un impact sur la santé 
  • de ne pas consommer d’alcool avant 18 ans 
  • de ne pas boire plus de 10 unités standards d’alcool par semaine, à répartir sur plusieurs jours 
  • de prévoir plusieurs jours dans la semaine sans alcool 
  • pour les femmes enceintes, celles qui souhaitent le devenir et les femmes qui allaitent, de ne pas boire de boissons alcoolisées.  

 Par ailleurs, en cas de consommation d’alcool, le CSS préconise :

  • de limiter la quantité totale d’alcool consommée en une occasion et de proscrire le binge drinking qui est associé à un risque accru de morbidité et d’alcoolo-dépendance (le binge drinking est la consommation, en moins de 2 heures, de plus de 4 unités standards pour les femmes et 6 unités standards pour les hommes) 
  • de boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau 
  • de s'assurer d’avoir des personnes de confiance à proximité et de pouvoir rentrer chez soi en toute sécurité.

Abstinence dans certains contextes

Dans son avis, le CSS recommande aussi de ne pas boire d’alcool dans les circonstances suivantes :

  • en cas de conduite d’un véhicule 
  • avant, pendant et immédiatement après des efforts physiques et sportifs 
  • en cas de travail avec des machines, des appareils électriques, des échelles, etc. 
  • avant et pendant le travail 
  • en cas de responsabilité de la sécurité d’autrui 
  • pendant les activités nécessitant de la vigilance et des compétences 
  • comme médication par exemple contre le stress, la dépression, l’insomnie, etc.

Des personnes plus vulnérables

Certains groupes de populations courent plus de risques d’effets négatifs suite à la consommation de boissons alcoolisées. Il leur est donc conseillé de prêter une attention particulière à leur consommation et d'en parler avec un professionnel de la santé.

Les personnes suivantes ont généralement une fragilité accrue vis-à-vis de l'alcool:

  • les personnes de plus de 65 ans 
  • les jeunes adultes entre 18 et 24 ans (qui sont les plus enclins à adopter une consommation à risque comme le binge drinking, ce qui peut avoir des répercussions cognitives durables) 
  • les personnes qui prennent des médicaments (particulièrement en cas de médicaments psychotropes) 
  • les personnes qui consomment d'autres drogues 
  • les personnes ayant des problèmes de santé 
  • les personnes ayant des problèmes de santé mentale (influence négative de l’alcool sur la comorbidité psychique) 
  • les personnes ayant un faible poids corporel 
  • les personnes avec des antécédents familiaux de problèmes liés à l’alcool 
  • après un by-pass gastro-intestinal.

Des pouvoirs publics plus impliqués

Le CSS encourage aussi d’autres mesures qui viseraient à limiter l’offre

Ainsi, il préconise une interdiction complète de la publicité et du sponsoring liés à l'alcool et l’ajout d'informations sur l’étiquetage des boissons alcoolisées (indications nutritionnelles comme le nombre de calories par 100 ml, nombre d’unités d’alcool par contenant, etc).

La mention "l’abus d’alcool est dangereux pour la santé" devrait aussi remplacer l’actuel slogan "notre savoir-faire se déguste avec sagesse" (slogan qui bénéficie de la "bénédiction" de l'industrie de l'alcool)… 

D'autres possibilités à étudier sont l'imposition d'un prix minimum par unité d’alcool vendue au détail, l'interdiction d’offrir des boissons alcoolisées gratuitement ou à prix considérablement réduit, la réduction de la disponibilité et de l’offre de boissons alcoolisées (par ex. interdiction de vente d’alcool dans les stations-services, via des distributeurs automatiques et les magasins de nuit) et la mise à disposition gratuite d’eau du robinet dans l’HORECA.

Vous pouvez lire sur ce site notre dossier consacré à l'alcool

Photos © Vitaly Krivosheev - Fotolia.com & © Kristen - Fotolia.com

Mis en ligne le 18/06/2018

Référence
Conseil Supérieur de la Santé. Risques liés à la consommation d’alcool. Bruxelles: CSS; 2018. Avis n° 9438.

Consultez également toutes nos actualités :