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Des plantes pas toujours bénéfiques

Des précautions sont indispensables…

plante prudence

Certains troubles d’intensité modérée sont parfois soulagés par des produits à base de plantes, par exemple 

  • une insomnie occasionnelle (prise de médicaments à base de valériane)
  • une constipation ou un inconfort digestif (prise de son de blé, de psyllium, etc).

Mais on sous-estime généralement les risques liés aux traitements à l’aide de plantes. Le statut de remède "naturel" donne une impression de fausse sécurité à de nombreux utilisateurs.

 

L’avis du Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique

Le Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique (CBIP) relève que l'efficacité de la plupart des préparations à base de plantes n’a pas été prouvée. On suppose qu’elles sont inoffensives mais leur innocuité n’a pas été activement étudiée.

Plus spécifiquement, le CBIP signale que

  • pour la valériane (Valeriana officinalis), il existe des preuves limitées d'un effet hypnotique. Les effets indésirables possibles sont des troubles gastro-intestinaux et un effet d’endormissement résiduel à doses élevées
  • le millepertuis (Hypericum perforatum) est utilisé dans les formes de dépression légères à modérément sévères, mais les données concernant son efficacité sont contradictoires. Son efficacité dans la dépression sévère n'est pas claire
  • l’Harpagophytum est une plante proposée sans beaucoup de preuves pour le traitement symptomatique des douleurs articulaires. Quelques études avec l’Harpagophytum ont montré une efficacité limitée sur la douleur dans l’arthrose mais on ne dispose pas de données comparatives avec le paracétamol ou les AINS. Il s’agit d’un “usage traditionnel”
  • d’autres plantes ont un usage traditionnel, mais les données relatives à leur efficacité sont insuffisantes (Passiflore, Crataegus, Ballota foetida, Rhodolia rosea, etc). 

Bon à savoir : Le Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique a publié en 2010 un article expliquant la réglementation européenne en matière d’enregistrement des médicaments à base de plantes. Le CBIP signale que "l’évaluation des plantes (ou herbal substances) qui entrent en ligne de compte comme médicaments (ou herbal medicinal products) se penche sur leur qualité, innocuité et efficacité (...) Si les preuves cliniques dont on dispose sont insuffisantes ou inexistantes, on parle de traditional use : les indications proposées se limitent alors aux symptômes que le patient peut traiter sans trop de risques; il n’y a donc pas d’indications spécifiques (...) Ces médicaments à usage traditionnel ne répondent donc pas aux principes de la médecine basée sur les preuves (Evidence Based Medicine ou EBM)".

Naturel n'est pas anodin

Un article publié récemment dans la revue Prescrire rappelle qu’il est important de respecter quelques règles de prudence, car "naturel ne signifie pas toujours anodin".

La revue souligne le risque de confusion lié au fait que des plantes aux caractéristiques différentes portent des noms proches: ainsi, le nom générique de verveine est attribué à plusieurs plantes (odorante, officinale, des Indes), dont les effets ne sont pas similaires. 
Par ailleurs, la composition d’une même plante (et sa teneur en produits actifs ou toxiques) peut varier en fonction de facteurs comme le sol, le moment de la récolte, la conservation, le mode de préparation, etc.

Certaines plantes ont des effets indésirables graves.

  • Ainsi, l’Harpagophytum procumbens, parfois utilisé en cas de rhumatisme et de douleurs articulaires, peut provoquer des douleurs d’estomac et des saignements digestifs.
  • L’actée à grappe parfois utilisée pour atténuer des signes de la ménopause a une toxicité hépatique.
  • De nombreuses plantes ont des interactions avec des médicaments, raison pour laquelle il est essentiel d’informer son médecin de la prise de plante. C’est particulièrement important en cas de traitement anticoagulant (lire notre article "Traitement anticoagulant: rigueur et prudence".
    Pour citer un autre exemple, le millepertuis, utilisé pour améliorer des états dépressifs mineurs, peut diminuer l’effet des pilules contraceptives, des traitements contre l’épilepsie.

Des précautions sont plus particulièrement conseillées chez les personnes âgées et les enfants.
Pour ces derniers, les produits contenant des huiles essentielles de pin, de menthol, d’eucalyptus, de thymol, etc doivent être évités. Ils peuvent en effet provoquer parfois des convulsions, qu’ils soient appliqués localement (crème, etc) ou inhalés ou administrés en suppositoires.

Les personnes allergiques peuvent réagir à certaines plantes par de l’asthme ou de l’urticaire.

Les femmes enceintes devraient éviter la prise de plantes, ou demander un avis préalable à leur gynécologue ou médecin généraliste.

Photos © Olaf Speer & © dutchlight - Fotolia.com

Mis en ligne le 29/08/2016

Références
- Se soigner avec des plantes n’est pas sans risque. Rev Prescrire. 2016; 36 (389): 216.
- Les médicaments à base de plantes: quelques explications. Folia Pharmacotherapeutice. Avril 2011. Site du CBIP.
- Commentaire: évaluation par le CBIP des médicaments à base de plantes. Site du CBIP.

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