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Don de sang

Des règles strictes…

donneur de sangJe donne mon sang.
Et toi ? Et toi ? Mais pas toi ?

Donner son sang est un acte altruiste. Mais des règles limitent ou excluent cette possibilité pour certaines personnes.

Les hommes ayant des rapports avec d'autres hommes auraient souhaité sortir du groupe des "exclus".
"Certains comportements sont à risque : pas les hommes". En s'appuyant, grosso modo, sur cet argument, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes demandaient de pouvoir devenir donneurs de sang, comme (presque) tout le monde.

La ministre de la Santé leur a donné une réponse... mitigée.

L'avis du Conseil Supérieur de la Santé

La ministre de la Santé, en suivant un avis récent réalisé par le Conseil Supérieur de la Santé (CSS), n'a ouvert que partiellement la porte à leur revendication. En effet, seuls les hommes qui attesteront ne plus avoir de relations sexuelles avec des hommes depuis un an pourront donner leur sang...

Selon les experts du CSS, le don de sang n'est pas un droit, mais un geste civique volontaire.
Il peut donc être refusé, sans que l'on voit dans cette décision une volonté discriminatoire ou malveillante.
Seul le souci de sécurité et de protection des receveurs, appuyé sur la volonté d'éviter la propagation de maladies infectieuses graves, dicterait cette position.

Une histoire ancienne

En réalité, des critères de contre-indication au don de sang existent... depuis l'origine de la transfusion sanguine.
Ils avaient été redéfinis dans les années 1950, puis à nouveau revus dans les années 80, en raison de la tragédie du sang contaminé. 
En effet, dans ces années-là, lors de transfusions, des dizaines de milliers de personnes avaient été contaminées par le virus du VIH (celui du sida). Dans ce contexte, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes avaient été exclus, à vie, des dons de sang, en raison de leur risque augmenté de transmission d'infections graves (un risque très supérieur à celui des hommes exclusivement hétérosexuels).

Des tests plus performants

Depuis lors, la sécurité transfusionnelle repose sur 3 axes.

L'un est celui de la sélection des donneurs.

L'autre consiste à utiliser de manière "raisonnée" les composants sanguins.

Le dernier passe par le dépistage de marqueurs infectieux présents dans le sang, suivi par l'inactivation ou l'élimination des virus ou des bactéries concernées.
Ces dernières années, ces tests ont été nettement améliorés. Si un risque de contamination persiste malgré tout, il est considéré comme faible. De quoi revoir les règles concernant les donneurs qui n'auraient pas de comportements à risque ? La réponse a été oui, mais en partie seulement.

"Seules les stratégies permettant d'assurer un niveau très élevé de protection de la santé des receveurs sont acceptables pour procéder à un changement des règles d'exclusion permanente", ont souligné les experts du CSS.
Compte tenu de ce principe, et en s'appuyant sur les avancées des tests de dépistage, il est envisageable d'opter pour une nouvelle règle, (un peu) moins contraignante, ainsi que l'on déjà fait plusieurs pays. D'où la mesure envisagée par la ministre : elle permettra à certains hommes - mais à certains seulement - de redevenir des donneurs potentiels.

Feu orange : En Espagne et en Italie, la levée de toute exclusion relative aux hommes ayant des rapports avec d'autres hommes a entraîné un nombre croissant de dons dépistés VIH positifs.

Photos © milanmarkovic78 - Fotolia.com & © Sherry Young - Fotolia.com

Mis en ligne le 06/12/2016

Référence
Comportements sexuels à risque et don de sang. Partie I: Don de sang par les HSH. Site du Conseil Supérieur de la Santé.

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