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Incapacité de travail

La réinsertion professionnelle en débat

reinsertion professionnelleLe service éducation permanente de l’asbl Question Santé a sorti une brochure au titre provocateur "Allez hop les malades, au boulot!".
Cette brochure propose des points de vue et débats autour de la nouvelle approche prônant le retour au travail après une longue absence.

Les bonnes raisons

Pour l’individu

Cela fait bien des années que les experts lancent des mises en garde : lorsqu’une personne reste éloignée de son travail pendant une longue durée, sa santé et ses problèmes de santé (y compris mentaux) risquent de s’accroître. Par ailleurs, au plus les mois d’absences s’accumulent, au plus les chances de retrouver un emploi s’amenuisent.

Un travailleur en absence de longue durée est donc confronté à un risque réel de désinsertion du milieu professionnel.
Outre la diminution de ses revenus, sa maladie - ou sa convalescence - le place aussi dans une situation d’isolement social auquel il ne s’attendait pas forcément. Cette solitude, tout comme ce "rejet" du monde des actifs, risquent d’avoir des répercussions psychiques, avec des conséquences sur ses problèmes de santé, qui peuvent être aggravés. Un vrai cercle vicieux...

La reprise du travail peut donc bénéficier en premier lieu à la personne concernée.

Pour la sécurité sociale

Les statistiques inquiètent. Au 30 juin 2016, on comptait environ 381.000 personnes en invalidité de travail (plus d’un an d’absence), pour maladie ou accident.

« Si le travail était une si magnifique chose, les riches en auraient gardé plus pour eux » (Bruce Grocott).

Et 441.000 en incapacité primaire (moins d’un an d’absence). Outre que ces chiffres reflètent un malaise ou un problème de bien-être au travail, ils ont forcément aussi une implication financière: ces travailleurs ont un coût pour la sécurité sociale, qu’on estime autour des 7 milliards d’euros. Soit plus que le chômage...

Les programmes de réinsertion

Suite à l’analyse de cette situation, l’INAMI propose des programmes de réhabilitation ou de réorientation professionnelle. Ils permettent aux personnes en incapacité de travail d’obtenir ou d’actualiser des compétences pour retourner sur le marché du travail.

Différentes mesures sont proposées:

  • Reprendre le travail à temps partiel en tant que salarié et en tant que indépendant
  • Suivre une formation ou un stage afin d’actualiser ses compétences (réhabilitation professionnelle)
  • Suivre une formation ou un stage afin d’acquérir de nouvelles compétences (réorientation professionnelle)

Durant la formation ou le stage, la reconnaissance en incapacité de travail est garantie.

Ces programmes de réinsertion socio-professionnelle s’entament sur base volontaire : pour entamer le parcours, un premier contact est nécessaire avec le médecin-conseil de la mutuelle.

En 2015, près de 4.000 personnes ont bénéficié d’un programme de réintégration professionnelle proposé par l’Inami. L’année précédente, elles n’avaient été que 2.500 environ. Et environ une trentaine, en 2005. En 2016, plus de 4.000 parcours auront été suivis. Les médecins-conseils, sensibilisés à la problématique, ont participé à ce mouvement.

Les questions

Cependant, de nombreuses interrogations persistent.

Les personnes en arrêt de travail prolongé ou en invalidité risquent-elles un jour d’être jugées coupables de ne pas travailler ? Car pour certains, il y a un risque de perte des droits aux indemnités.

Les entreprises joueront-elles le jeu, montreront-elle une volonté à garder et/ou à réinsérer les malades ou les ex-malades ?

Une évolution du monde du travail et de l’organisation sociale n’est-elle pas nécessaire?
Car, comme le souligne un des experts interviewés dans la brochure: " un problème fondamental est que les personnes, et les femmes, en particulier, sont multi-actives, avec une intensité variable au cours de leur vie. La gestion de cette multi-activité est épuisante pour beaucoup, crée des insatisfactions, de la souffrance... Il faut donc réduire ces tensions. Comment ? En faisant évoluer notre société salariale mono-active vers une société salariale multi-active. Notre société doit reconnaître et rétribuer le temps consacré à des activités reconnues comme socialement utiles (productrices d’un bien commun et de bien-être). Ainsi, suivre la scolarité de ses enfants, assurer des soins à ses parents âgés, contribuer à un mouvement citoyen, suivre une formation continue... relèvent de ces activités, en même temps que de la catégorie ‘travail’ (travail parental, travail familial, travail civique, travail éducatif...). N’est-il pas absurde de reléguer ce travail dans le hors-travail ? "

Le débat mérite attention. Pour en savoir plus, vous pouvez lire la brochure "Allez hop les malades, au boulot!"

Photos © davit85 - Fotolia.com & © sdecoret - Fotolia.com

Mis en ligne le 28/08/2017

Références
Site de l'INAMI
- Site de l'asbl Question Santé http://www.questionsante.org/assets/files/EP/Travail_Retour.pdfIncapacité de travail

 

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