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Le travail, c’est la santé (2)?

Peut-être, mais à condition d’éviter les abus!

travail sante 1Les plus anciens se souviendront des paroles chantées par Henri Salvador: "Le travail c’est la santé… rien faire c’est la conserver. Les prisonniers du boulot font pas de vieux os".
Ecouter la chanson.

Et si cette sagesse populaire avait un fond de vérité?
Quoi qu’il en soit, l’influence des conditions de travail sur notre santé est de plus en plus d’actualité. Stress excessif, burn-out et bore-out deviennent des problèmes dont la fréquence croît dans le monde du travail.
Vous pouvez lire sur ce site notre dossier "Burn out : pourquoi?" et notre article "Le bore out ou mourir d’ennui au boulot".

Excès de travail et trouble du rythme cardiaque

Une nouvelle étude apporte de l’eau au moulin des effets nocifs de l’excès de travail.


Publiée dans l’European Heart Journal, l’étude émane d’un consortium de recherche européen qui évalue l'influence de paramètres liés à la vie professionnelle sur l'apparition de pathologies chroniques, de handicaps et de décès.

L’étude a inclus plus 85.000 personnes (35% d’hommes et 65% de femmes), âgées en moyenne de ± 43 ans au début de l ‘étude. Toutes ces personnes (habitant au Royaume-Uni, en Finlande, au Danemark ou en Suède), avaient une activité professionnelle.
Les chercheurs ont observé la survenue d’un trouble du rythme cardiaque, la fibrillation auriculaire. 

Vous pouvez lire sur ce site notre article "Fibrillation auriculaire: quand le coeur s’emballe".

Les personnes inclues dans l’étude étaient initialement indemnes de fibrillation auriculaire, et moins de 1% d'entre elles présentaient une maladie cardiovasculaire.

Les chercheurs ont constaté que les hommes et les femmes travaillant 55 heures ou plus par semaine, présentaient un risque de fibrillation auriculaire accru sur une période de 10 ans, en comparaison de personnes travaillant entre 35 et 40 heures. 

Ce qui est particulièrement interpellant, c’est que ce risque accru concerne des sujets jeunes et que dans 90% des cas, le trouble du rythme cardiaque est apparu chez des individus n’ayant ni antécédent de maladie cardiovasculaire, ni facteurs de risque connus de fibrillation auriculaire (comme une obésité, une hypertension artérielle, un tabagisme ou une consommation excessive d’alcool).

Les chercheurs pensent donc que le risque de fibrillation auriculaire constaté est indépendant des facteurs de risque cardiovasculaire classiques. Ils évoquent un lien possible entre un travail long et intense et l’apparition d’anomalies du système nerveux autonome.

Malgré les quelques faiblesses méthodologiques de l’étude, ces conclusions invitent à la prudence.
Des observations antérieures avaient déjà mis en évidence un sur-risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et un sur-risque de maladie coronarienne (infarctus, etc) au-delà de 55 h de travail par semaine, par rapport à 35-40 h.

Il semble dès lors raisonnable de s’en tenir à la durée de travail hebdomadaire moyenne, qui selon une Directive européenne, ne doit pas dépasser 48 heures!

Photos © Nicola_Del_Mutolo - Fotolia.com & © ProstoSvet - Fotolia.com

Mis en ligne le 16/10/2017 

Référence
M Kivimäki et al. Long working hours as a risk factor for atrial fibrillation: a multi-cohort study. Eur Heart J. 2017; 38 (34): 2621-2628. 
Directive européenne 2003/88/EC 

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