• Solidaris – Mutualité Socialiste
  • Solidaris – Mutualité Socialiste
  • Pensez à vous faire vaccinner
  • Mutualité Chrétienne
  • La violence psychologique
  • Mutualité Chrétienne
  • Le cancer de l'intestin

Pilules de 3e et 4e génération: qu'en penser?

En France, une jeune femme, victime d'un accident vasculaire cérébral alors qu'elle prenait une pilule contraceptive dite "de 3e génération", a attaqué la firme pharmaceutique commercialisant cette pilule.

Quel est exactement le risque de faire une thrombose, une embolie ou un AVC quand on prend la pilule?

actucontraceptionY a-t-il vraiment des risques particuliers avec certaines pilules et pas avec d'autres ?

Tout d'abord, quelle est la signification du terme "génération" lorsque l'on parle de pilules contraceptives ?

La plupart des pilules contraceptives sont composées d'une combinaison d'hormones : un œstrogène (le plus souvent l'éthinylestradiol) et un progestatif.

Les pilules

  • de première génération contiennent des doses élevées d'œstrogènes (50 µg d'éthinylestradiol). Nom commercial: Microgynon 50™. Elles ne sont presque plus utilisées.
  • de deuxième génération contiennent de faibles doses d'œstrogènes (< 50 µg d'éthinylestradiol) et du lévonorgestrel, du norgestimate ou de la noréthistérone comme progestatif. Noms commerciaux: Cilest™, Eleonor™, Lowette™, Microgynon 20™, Microgynon 30™, Nora-30™, Noranelle™, Ovysmen™, Stederil-30™, Triaselle™, Trigynon™, Trinordiol™, Trinovum™.
  • de troisième génération contiennent de faibles doses d'œstrogènes (< 50 µg d'éthinylestradiol) et du désogestrel ou du gestodène comme progestatif. Noms commerciaux: Deso 20™, Deso 30™, Femodene™, Gestodelle™, Gestofeme™, Gracial™, Harmonet™, Liosanne™, Marvelon™, Meliane™, Mercilon™, Minulet™, Mirelle™, Triminulet™, Trodène™.
  • enfin il y a des pilules dites "de quatrième génération", qui contiennent d'autres progestatifs encore : drospirénone, nomégestrol, chlormadinone, cyprotérone, diénogest. Noms commerciaux: Annabelle™, Annais™, Armunia 20™, Armunia 30™, Claudia™, Daphne™, Diane™, Drospibel™, Elisamylan™, Gratiella™, Helen™, Qlaira™, Rhonya 20™, Rhonya 30™, Yasmin™, Yasminelle™, Yaz™, Zoely™.

L'augmentation du risque de thrombophlébite (et d'embolie pulmonaire) lié à la contraception hormonale est bien connu, et depuis longtemps.

Selon le Répertoire commenté des médicaments édité par le Centre belge de pharmacovigilance (www.cbip.be), la référence belge en matière de médicaments, "ce risque augmente avec l'âge, l'obésité, la présence de varices profondes et d'antécédents personnels ou familiaux de thromboembolie. Il est généralement admis que ce risque est accru en présence d'une teneur élevée en œstrogènes. Le risque de thromboembolie veineuse est plus élevé avec les contraceptifs de troisième génération et les contraceptifs à base de drospirénone qu'avec les contraceptifs de deuxième génération".
Le même Répertoire signale aussi une "légère augmentation du risque d'accident vasculaire cérébral et d'infarctus du myocarde; cette augmentation du risque dépend de la dose (surtout de l'œstrogène), de l'âge (surtout > 35 ans), de la présence de facteurs de risque cardio-vasculaires et du tabagisme".

Pour lire sur ce site notre article sur l'accident vasculaire cérébral.

On entend souvent dire que le risque est doublé : c'est vrai, mais ce risque reste très faible.

Il est plus élevé chez les fumeuses que chez les non-fumeuses.

Le risque de thrombose veineuse chez la femme est :
- de 0,5 à 1 cas pour 10.000 femmes qui ne prennent pas la pilule,
- de 2 cas pour 10.000 femmes qui prennent une pilule de 2è génération,
- de 3 à 4 cas pour 10.000 femmes qui prennent une pilule de 3è ou 4è génération,
- de 6 cas pour 10.000 femmes durant leur grossesse.

Notons aussi que cette augmentation du risque de thrombophlébite existe également avec les autres moyens contraceptifs contenant des hormones, comme par exemple le patch et l'anneau vaginal contraceptif.
Et que le risque de thrombose est plus élevé en cas de grossesse que de prise de pilule !

En Belgique, les pilules prescrites sont dans plus de 75% des cas de 3è ou de 4è génération. Ces pilules sont plus chères que les plus anciennes.

Quelle attitude adopter ?

L'exemple français ne doit surtout pas nous affoler : le risque de grossesse non désirée est bien réel si on arrête intempestivement sa pilule sans autres précautions.

Nos autorités de santé insistent auprès des médecins sur la nécessité de faire un bilan des facteurs de risque, notamment de thrombose, lors de la prescription d'un contraceptif à une nouvelle utilisatrice et d'insister sur les risques liés à la combinaison tabac/contraception hormonale.

Si vous êtes inquiète, c'est peut-être le moment de discuter avec votre médecin d'une éventuelle réorientation de votre contraception.

Il n'y a pas que la pilule ! En particulier si vous êtes fumeuse...

De nombreux autres moyens contraceptifs existent ; tous ont des avantages et des inconvénients. Chaque femme peut choisir le moyen qui correspond le mieux à ses attentes. Mais il faut tenir compte des contre-indications et effets indésirables possibles.

Le choix d'une contraception est donc un sujet à discuter sérieusement avec son médecin.

Si l'on souhaite éviter la prise d'hormones, on peut notamment envisager le placement d'un stérilet, qui est un excellent moyen contraceptif.

Par ailleurs, d'autres éléments interviennent dans la réflexion.
On peut ainsi rappeler :

  • que la crainte permanente d'une grossesse, et encore plus la survenue d'une grossesse non désirée, peuvent avoir des conséquences importantes sur le bien-être, l'équilibre de vie, la vie professionnelle, etc. de la femme (et du partenaire)
  • que l'on peut réduire le risque de thrombophlébite et d'embolie pulmonaire en évitant le tabac, en mangeant de manière équilibrée et en ayant une activité physique régulière (au moins 30 minutes par jour).

Pour plus d'informations sur les moyens contraceptifs, vous pouvez lire sur ce site notre dossier consacré à la contraception.

Mise à jour le 4/3/2013

Référence :
- Contraception. Répertoire commenté des médicaments. www.cbip.be
- Risque de thromboembolie veineuse avec les contraceptifs oestroprogestatifs contenant du désogestrel, de la drospirénone ou du gestodène: aucune raison de paniquer ? Folia Pharmacotherapeutica Février 2013.

Consultez également toutes nos actualités :