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Se coucher tard nuit

Respecter son sommeil, c’est investir dans sa santé!

sommeil nuitDe nombreuses personnes négligent leur sommeil au bénéfice d’activités de loisirs. Certaines perçoivent même le sommeil comme une perte de temps, un gaspillage d’heures de vie; pour eux, dormir 8 heures par jour revient à gâcher un tiers de sa vie.

Et si ces personnes avaient tout faux?
Car le sacrifice d’heures de sommeil pourrait bien se faire au détriment de la santé et de l'espérance de vie.

Une publication scientifique récente de l’American Heart Association met en exergue l’impact de la durée et de la qualité du sommeil sur nos comportements et notre santé. 

Le déficit de sommeil: quantitatif et qualitatif

Il semble que la tendance générale dans nos sociétés soit au grignotage des heures de sommeil, au profit d’activités sociales, de loisirs (télévision, réseaux sociaux, etc) ou liées au travail.
En outre, l’usage de plus en plus répandu des écrans dans la soirée (télévision, ordinateurs, smartphones et tablettes) favorise des troubles du sommeil (lire sur ce site "Liseuses et tablettes perturbent le sommeil").

Ces occupations envahissent de plus en plus l’espace traditionnellement dévolu au sommeil et en conséquence, la durée du sommeil est raccourcie.

Mais les désordres du sommeil se répandent également.

Ainsi, les auteurs du rapport de l’American Heart Association estiment que l’insomnie concerne 5 à 15% de la population aux Etats-Unis, dont 30% signalent des troubles permanents. Les apnées du sommeil toucheraient entre 27 et 34% des hommes entre 30 et 70 ans, pour 9 à 28% des femmes de la même tranche d’âge.

En Belgique, selon l’enquête sur la santé des Belges, en 2013, 30% de la population âgée de 15 ans et plus signale des troubles du sommeil. Présents chez 24% des plus jeunes (15 à 24 ans), ces troubles deviennent plus fréquents avec l’âge.
On constate une augmentation importante du pourcentage de Belges souffrant de problèmes de sommeil en 2013, par rapport aux enquêtes menées en 2001, 2004 et 2008 (de 20-22% à 30%).

L’impact d’une durée faible de sommeil, tout comme celui des apnées du sommeil, sur les maladies cardiovasculaires et les désordres métaboliques est bien établi par des études de population:

  • risque accru notamment d’arythmies, d’athérosclérose, de maladie des coronaires, d’insuffisance cardiaque, d’hypertension, d’AVC...
  • risque accru d’obésité, de diabète de type 2 et de dyslipidémie.

En outre, le manque de sommeil peut influencer l’évolution de ces affections, lorsqu’on en est déjà atteint.

Plusieurs études épidémiologiques ont montré que les personnes ayant une durée de sommeil réduite par rapport à la moyenne (qui est de 7-8 heures de sommeil par nuit) ont plus de risque d’être ou de devenir obèse.
Dans ces observations, au moins on dort, au plus ce risque est prononcé (particulièrement pour des durées de sommeil inférieures à 4 heures par nuit). A l’inverse, pour chaque heure de sommeil en plus, l’IMC diminue statistiquement (± 0,35 point).
Autre constatation de certaines études, le risque lié à un sommeil trop court a des conséquences plus importantes chez les sujets jeunes que chez les plus âgés.

Se coucher tard… nuit *

Diverses hypothèses tentent d’expliquer ces faits.

Le manque de sommeil:

  • perturberait le fonctionnement de l’organisme et provoquerait des changements métaboliques
  • induirait des changement de comportement, par altération de la concentration, des capacités de jugement et de prise de décision, et ainsi altérerait le choix des aliments. Des études ont montré par exemple une augmentation des grignotages entre les repas, une moindre consommation de végétaux et une préférence pour les plats fortement épicés.
  • accentuerait la fatigabilité en cas d’activités physiques, réduisant le niveau de ces dernières.

Les liens de l’activité physique avec le sommeil semblent bidirectionnels, puisque certaines études montrent qu’un temps accru de sédentarité est associé à une moindre qualité du sommeil, alors que la pratique d’activités physiques réduit les plaintes de troubles du sommeil et de sensation de fatigue en journée.

L’American Heart Association conclut, suite à l’examen des données épidémiologiques, à un impact certain de la durée du sommeil sur la santé et suggère ce qui suit:

  1. Les troubles du sommeil (sommeil court, apnée du sommeil, insomnie, syndrome des jambes sans repos, etc) sont associés avec des profils de risque cardiométabolique défavorables
  2. La restriction de sommeil a un impact négatif sur l’équilibre de notre alimentation (notamment ingestion d’un excès de calories
  3. Le traitement des troubles du sommeil peut améliorer certains paramètres favorables à la santé, notamment la pression artérielle.

On peut déduire de ces éléments que ceux qui considèrent le sommeil comme une perte de temps, et en conséquence réduisent sa durée, pourraient réviser leur jugement. En effet, nous avons en moyenne besoin de 7 à 8 heures de sommeil par jour. Certains se sentent bien avec un peu moins, d’autres avec un peu plus. Mais le déficit de sommeil est dans tous les cas déconseillé! 

Vous pouvez lire sur ce site notre dossier consacré au sommeil, notre article "Impatience: les jambes aussi" et notre article "Insomnie: quand le sommeil pose problème".

Photos © in4mal - Fotolia.com & © Rido - Fotolia.com

Mis en ligne le 22/11/2016

* Emprunté à Raymond Devos.

Référence
Marie-Pierre St-Onge, Michael A. Grandner, Devin Brown, Molly B. Conroy, Girardin Jean-Louis, Michael Coons and Deepak L. Bhatt. Sleep Duration and Quality: Impact on Lifestyle Behaviors and Cardiometabolic Health: A Scientific Statement From the American Heart Association. Circulation. 2016;CIR.0000000000000444, published online before print September 19, 2016. 

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