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TDAH: trop d’enfants traités par médicaments ?

C’est ce que suggère une étude de la Mutualité Chrétienne (MC) menée dans notre pays.

TDAH actu1Le déficit d'attention, l’hyperactivité et l'impulsivité sont les trois composantes du "trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité" (TDAH), une pathologie fréquente (voir notre article "TDHA: troubles de l’attention et de l’hyperactivité").

Les enfants (mais aussi les adultes) confrontés à ce trouble éprouvent des difficultés variées:

  • troubles de l’attention, de la mémoire et de la vigilance,
  • moindre concentration
  • moindre performance à la résolution et à l’exécution de tâches, etc.

Le traitement médicamenteux est couramment utilisé en Belgique. On recourt le plus souvent au méthylphénidate (Rilatine®, Equasym®, Concerta®,...) chez les enfants et les adolescents ayant reçu un diagnostic formel de TDAH.

Ce médicament est une amphétamine qui limite les comportements hyperactifs et imprévisibles. Il est prescrit couramment et ce, durant plusieurs années, bien que son efficacité à long terme ait été peu étudiée.

La prise de ce médicament n’est pas sans risque. Variations de la tension artérielle, maux de tête, vertiges et maux d’estomac, pertes d’appétit et de poids, mais aussi problèmes de sommeil, changements de comportements et symptômes psychiques ont été décrits. À long terme, il existe un risque accru de retard de croissance, de maladies cardio-vasculaires, de problèmes hépatiques, de dépendance et de troubles psychiatriques.

TDAH: l'étude de la MC

La MC constate dans son étude récente qu’au moins la moitié des doses vendues de méthylphénidate sont prescrites sans remboursement par l'Inami. 
En Flandre, 2,4% des enfants sont traités au méthylphénidate remboursé, contre 0,9% en Wallonie et 0,6% en Région bruxelloise.

L'étude montre notamment que:

  • Dans une même classe scolaire, les plus jeunes enfants semblent courir un risque plus élevé d’être traités au méthylphénidate. Ainsi, les enfants nés au cours du dernier trimestre de l'année civile ont environ 50 % de risques supplémentaires de se faire rembourser au moins une fois du méthylphénidate que ceux plus âgés, nés au cours du premier trimestre.
    On sait pourtant que le développement psychomoteur induit des changements de comportements en lien avec l’âge et le contexte psychosocial. Il est probable que chez ces enfants plus jeunes, un manque d’attention, une hyperactivité et une impulsivité soient perçus - à tort - comme des comportements pathologiques.
  • La consommation semble baisser en été.
  • La durée de la consommation est parfois très longue : sur 3,800 enfants qui prenaient duméthylphénidate en 2006, 21 % en consommaient encore dix ans plus tard, en 2016!
    Ainsi, une partie non négligeable d'enfants consomme du méthylphénidate durant la quasi-totalité de leur scolarité. Ceci est interpellant au vu des effets indésirables potentiels et du manque de données sur l’efficacité à long terme.

Rappelons aussi que le traitement médicamenteux devrait toujours être prescrit en combinaison avec d'autres approches thérapeutiques - psychologiques, éducatives et pédagogiques,

Plaidoyer de la MC

Concernant une approche à long terme, la MC plaide pour une approche plus tolérante des enfants "turbulents" et le développement de trajets de soins interdisciplinaires pour les jeunes souffrant d’un manque d’attention, d’hyperactivité et d’impulsivité en lien avec leur environnement. Au sein de ces trajets, la structure de soins devrait combiner une approche psychique, comprenant une psychothérapie individuelle ou familiale, un accompagnement éducatif et un traitement médicamenteux si nécessaire. De cette manière, on évitera la médicalisation de comportements jugés problématiques.

Photos © BillionPhotos.com - Fotolia.com & © Nomad_Soul - Fotolia.com

Mis en ligne le 03/07/2017

Référence
Communiqué de presse (et annexes) "La consommation de Rilatine par les enfants est interpellante". MC. du 28 juin 2017

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