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Une enquête sur notre consommation de médicaments

 Excès et mauvais usage ?

enquête medicamentDes données de l’OCDE (1) montrent que la Belgique figure parmi les pays à forte consommation de médicaments, tant sur prescription qu’en vente libre. Si l’automédication a toute sa place dans les soins, encore faut-il, évidemment, qu’elle soit raisonnée et que des règles de bon usage soit respectée.

Pour faire le point sur la consommation de médicaments dans notre pays, Solidaris, en collaboration avec Multipharma, a réalisé une enquête. Durant l’été 2018, ce sont plus de 2000 belges francophones (coopérateurs de Multipharma) âgés de 18 ans et plus, ainsi qu’une centaine de médecins, qui ont été interrogés sur différents aspects de leur rapport aux médicaments. 

Les questions de l’enquête portaient sur les connaissances concernant les médicaments en vente libre et sur la manière d’y recourir.

Résultats

La tendance à trop consommer est confirmée, mais également un mauvais usage de ce type de médicaments.

Perception de l'état de santé

Parmi les répondants, 62,5% se considèrent en bonne ou très bonne santé.
La proportion tombe à 33,2% des personnes rencontrant des difficultés financières et à 54,3% des personnes isolées. Cette constatation confirme l’importance pour le bien-être d’un niveau de revenu suffisant et de relations sociales satisfaisantes.

Consommation de médicaments

Plus de 57% des répondants disent prendre un médicament tous les jours; ils sont seulement 7,7% à dire n’en prendre jamais.

La consommation de médicaments en vente libre est moindre puisque seuls 22% des répondants en prennent tous les jours ou souvent.

  • Ce sont les catégories les plus défavorisées qui recourent le plus aux médicaments en vente libre (2 fois plus parmi ceux qui déclarent des difficultés financières fréquentes – 38 % contre 17 %).
    Les chercheurs expliquent ce phénomène par le report de soins (consultation du médecin généraliste) et  la nécessité de "tenir le coup", notamment pour ne pas être en arrêt de travail.
  • Les répondants montrent de nombreuses lacunes de connaissance des médicaments qu’ils utilisent et mettent ainsi potentiellement leur santé en danger. Les femmes ont un bien meilleur score de connaissances que les hommes.
    Même quand une connaissance est acquise, elle n’est souvent pas suffisamment intégrée dans les pratiques de consommation. Quelques exemples:

    • 21% des gens  ne savent pas que "Le plus important en cas de forte diarrhée, c’est de boire beaucoup d’eau" et 16% répondent que c'est faux. Selon les chercheurs, il faudrait peut-être obliger les firmes à le dire clairement dans leurs publicités grand public pour ce genre de produits.
    • Près d’un tiers des répondants (28,7 %) ne connaissent pas la dose maximale de paracétamol, médicament également vanté, selon les chercheurs, sans nuances dans les publicités TV et radio.
  • Les citoyens ont une vision plutôt nuancée du médicament, qui n’est pas vu comme la pilule miracle mais plutôt comme un remède avec une efficacité reconnue. Cependant, 1 personne sur 2 pense qu’il s’agit d’un produit chimique à éviter.

Autres enseignements

Le Belge francophone a une grande confiance à l’égard du pharmacien et des médecins pour lui donner des informations fiables sur les médicaments.
Mais les répondants sont 34 % à éprouver des difficultés pour trouver une information fiable et accessible.

Par contre, les répondants sont très critiques à l’égard de la publicité et des firmes pharmaceutiques.

L’enquête auprès des médecins généralistes montre que ces derniers sont nombreux à penser que les patients n’en savent pas assez sur les différents types de médicaments en vente libre.  

Le grand public et les médecins considèrent que le rôle du pharmacien doit évoluer, notamment vers davantage de conseils aux patients.                      

Solidaris et Multipharma soulignent en conclusion de leur communiqué de presse que "Si les médicaments sont mal connus et mal utilisés par une partie non négligeable de la population et s’il y a certainement une marge de progression possible du côté de l’information et de la sensibilisation des publics, il faut en parallèle agir au niveau sociétal en remettant le recours au médicament à sa juste place et en faisant barrage à la marchandisation de plus en plus importante dont il est l’objet".
 

Vous pouvez lire sur ce site nos articles "Antidouleur et automédication", "Somnifères et calmants: réfléchir avant de consommer", Conduite et médicaments", "Rhume: prudence avec gouttes et sprays". 

Photos  © RFBSIP - Fotolia.com

Mis en ligne le 17/12/2018

Références
Communiqué de presse du 11 décembre 2018 de Solidaris et Multipharme. L’enquête complète peut être consultée ici
(1) Source OCDE

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