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Papillomavirus (HPV) : vacciner les jeunes filles ?

Dans une immense majorité des cas, le cancer du col de l’utérus est provoqué par un virus sexuellement transmissible : le papillomavirus humain ou HPV (pour Human Papillomavirus).

HPVLes Papillomavirus sont une famille de virus très contagieux, qui comprend plus d’une centaine de "types", reconnaissables à leur numéro.

Certains sont inoffensifs, comme par exemple ceux qui provoquent les verrues banales et les verrues plantaires.

Mais d’autres peuvent provoquer des infections au niveau des organes génitaux et de l’anus.

C'est à partir de ces infections – qui ne donnent aucun symptôme – que peuvent apparaître, après plusieurs années, des lésions précancéreuses du col de l’utérus (la partie inférieure de l’utérus, en contact avec le vagin) et, plus rarement, de la vulve ou du pénis.

Depuis 2007, il existe une vaccination qui permet de prévenir des infections chroniques par les deux types HPV les plus dangereux parmi les 13 souches connues pour causer le cancer. Depuis septembre 2011, la vaccination est proposée gratuitement dans le cadre de la médecine scolaire (voir plus bas).

Feu orange : Au cours de leur vie, 8 personnes sur 10 sont infectées, à un moment donné, par un papillomavirus (1) mais cette infection guérit spontanément dans la plupart des cas.

HPV: les voies d’une contamination silencieuse

Le papillomavirus se transmet lors d’une relation sexuelle, de caresses intimes et de contacts de peau à peau. Le port d’un préservatif ne protège donc pas à 100 %.

Le plus souvent, l’infection s’élimine spontanément.

Cependant, dans une minorité des cas (2), une infection chronique persiste, avec le risque de créer des lésions au niveau du col.
Elle peut alors entraîner progressivement des lésions pré-cancéreuses et, en l'absence de traitement, un cancer. L’ensemble de ce processus prend généralement une dizaine d’années, ou plus.

Plusieurs facteurs influencent le risque de cancer du col. Parmi eux, un âge précoce pour les premiers rapports sexuels, un nombre élevé de partenaires (car cela multiplie le risque d'entrer en contact avec le virus), la présence d’autres maladies sexuellement transmissibles (plus particulièrement une infection par le virus HIV) ou le tabagisme.

L’infection est discrète : à ses stades précoces, elle ne s’accompagne d’aucun symptôme.

Un test indolore, le frottis cervical, permet de détecter de manière précoce la présence d’anomalies du col et de débuter, si nécessaire et avant l'apparition d'un cancer, un traitement. 

Feu orange : Certaines formes de HPV sont responsables de verrues génitales (condylomes), chez l’homme comme chez la femme. Un des deux vaccins disponibles protège aussi contre 2 types d’HPV, responsables de près de 90% des verrues génitales (2).

Feu rouge : En Belgique, on compte environ 600 cas de cancer du col par an (3).

Feu vert : La grande majorité des décès par cancer du col peuvent être évités par un dépistage préventif régulier : le frottis cervical.
Cette mesure préventive est essentielle, même chez les jeunes femmes qui ont été vaccinées.

HPV: éloigner un risque de cancer

En Belgique, la vaccination est recommandée par le Conseil Supérieur de la Santé à un âge relativement précoce, à partir de 12 ans, avant que les adolescentes débutent leur vie sexuelle. En effet, le risque de transmission du virus est présent dès le début de la vie sexuelle.

La vaccination ne procure pas une protection totale contre toutes les possibilités d’infection par papillomavirus. Toutefois, les 2 vaccins disponibles empêchent une contamination par les HPV de type 16 et 18, responsables d'environ 70 % des cancers du col.

Feu vert : En Belgique, le vaccin contre le papillomavirus est remboursé pour les jeunes filles de 12 à 18 ans. Certaines mutuelles proposent des prises en charge plus étendues encore.

Le vaccin contre l'HPV: mode d’emploi

Depuis septembre 2011, toutes les jeunes filles de 2ème secondaire (ou celles en 1ère S, en 1ère D ou bien encore celles âgées de 13 à 14 ans en enseignement spécialisé) peuvent être vaccinées dans le cadre de la médecine scolaire.
Avertis par courrier, les parents ont le choix : le vaccin peut être obtenu gratuitement dans le cadre scolaire, ou par le généraliste, ou par un gynécologue. Il n'est jamais obligatoire.

En dessous de 15 ans (pour le vaccin Cervarix™) et de 14 ans (pour le vaccin Gardasil™), deux injections données à 6 mois d'intervalle minimum sont suffisantes pour donner une bonne protection.

Pour les jeunes filles plus âgées, trois injections sont nécessaires pour donner une bonne immunité.

Dans les deux cas, près de 100% des jeunes filles sont protégées, mais principalement contre les 2 types contenus dans le vaccin) (4). Les données actuellement disponibles montrent que la protection vaccinale est au moins supérieure à une dizaine d'années, et probablement de plus longue durée.

Lorsqu'une vaccination est commencée par un type de vaccin, elle doit être complétée avec le même vaccin. 

Comme tout vaccin, celui contre le papillomavirus humain peut entraîner des effets secondaires. Il s’agit généralement de maux de tête et de douleurs musculaires, de douleurs à l’endroit de la piqûre ou au bras avec, parfois, une fatigue, une légère fièvre et des maux de ventre passagers.
Depuis la mise sur le marché de ce vaccin, les systèmes de surveillance et de pharmacovigilance recueillent les données relatives à d’éventuels effets indésirables graves, mais pour le moment, rien n'autorise à penser que ce soit le cas. Les autorités de santé nationales et européenne considèrent donc que le rapport bénéfices/risques de la vaccination HPV est favorable.

Un dépistage du cancer du col par frottis cervical, tous les 3 ans, est essentiel chez toutes les femmes âgées de 25 ans à 65 ans. C'est vrai aussi pour celles qui ont été ou seront vaccinées.

Pour plus d'informations, vous pouvez également consulter l'article du site vaccInfo "Vaccination contre le papillomavirus humain (11-14 ans)".

Photo © - Starpics - Fotolia.com

Mise à jour le 29/10/2014

Références
- La prévention du cancer du col de l’utérus. Cahier prévention. Les aide-mémoire de la SSMG (1, 2, 3).
- Site de l’European Medicines Agency (4)
- www.vacc.info
- Histoire naturelle des cancers du col de l'utérus. Rev Prescrire, 2010; (30) 217: 195
-  European Centre for Disease Prevention and Control. Introduction of HPV vaccines in EU countries – an update. Stockholm: ECDC; 2012.
- B. Romanowski, T.F. Schwarz, L.M. Ferguson, K. Peters, M. Dionne, K. Schulze et al. Immunogenicity and safety of the HPV-16/18 AS04-adjuvanted vaccine administered as a 2-dose schedule compared with the licensed 3-dose schedule : results from a randomized study. Hum Vaccin. 2011 ; 7 : 1374–1386http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22048171
- Boxus M., Lockman L., Fochesato M., Lorin C., Thomas F. Giannini S.L. Antibody avidity measurements in recipients of Cervarix® vaccine following a two-dose schedule or a three-dose schedule. Vaccine. 2014 ; 32 (26) : 3232-3236.http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264410X14005076
- Jit, M., Choi, Y.H., Laprise, J.-F., Boily, M.-C., Drolet, M., Brisson, M. Two-dose strategies for human papillomavirus vaccination : How well do they need to protect ? Vaccine. 2014 ; 32 (26) : 3237- 3242
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pub-med/24726246